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Souvenirs de guerre en Allemagne


Date de publication : 13/12/2019
Catégorie : VECU

Pour son anniversaire, Hela Pernolet nous a captivés ce vendredi 13 décembre.

Après avoir situé sa ville d'origine à 1000 m d'altitude, St Georges en Forêt Noire, elle nous a décrit son mode de vie à cette époque.

Née en décembre 1936, elle n’a pas connu son père, parti dès 1939 comme soldat de la Wehrmacht.

Considéré très tôt comme disparu, ce ne sera qu’en 1953 (!) que Hela apprendra sa mort, prisonnier en Sibérie.

Sa maman, nous dirions maintenant de formation kiné sportive, devient assistante médicale de la doctoresse locale, spécialité féminine rarissime pour l'époque.

En temps de guerre tous les hommes étant enrôlés, cette doctoresse fut dans cette petite citée industrielle la seule à assurer visites, consultations, opérations, accouchements, etc.

Vie quotidienne

Héla habite tout d’abord avec sa maman dans une petite maison fermière en pleine campagne non loin de la forêt. Puis scolarisée à St Georges, toutes deux emménagent chez la doctoresse.

A partir de 1939 l’Allemagne vit en autarcie.

Pour Héla c’est un mode de vie restrictif, des tickets de rationnement, beaucoup d’autosubsistance telle que : cueillette dans les prés et dans la forêt, de plantes pour les tisanes, de baies, de petits fruits et de champignons ce qui va lui permettre de découvrir et « d'apprendre » les richesses de la forêt et de la campagne.

Malgré les privations, tous les allemands ont l’obligation d’envoyer régulièrement des colis aux soldats.

Il y a aussi les vêtements qui sont retaillés dans de l’ancien, les souliers à semelle de bois… bref tout est recyclé.

Pour Héla, il n’y a pas de place pour le jeu, le temps libre étant réservé à toutes les tâches nécessaires à l’alimentation et selon la saison : cueillette, ramassage au jardin, fauchage de l’herbe à la serpette pour l’élevage de lapins angora (laine tricot et tissage).

Le climat est très froid : le chauffage est traditionnellement un poêle en faïence dans les pièces à vivre mais pas dans les chambres.

Ces poêles sont alimentés avec des pommes de pin et des branches ramassées, y sont aussi ajoutés des boulets ou des briquettes de charbon, beaucoup de travail !

Pas trop de moyens de transport, donc : marche à pied, skis l’hiver et parfois le train.

La petite Héla est étonnée et choquée lorsqu’elle se déplace dans de plus grandes villes de voir d’énormes affiches avec des photos et des annonces de famille ou d’enfants recherchant leurs disparus dans les bombardements, les destructions énormes, etc.

La guerre :

Héla témoigne : le bruit des sirènes, le passage des bombardiers, le « black-out », la peur des avions, l’aménagement des caves pour y passer de longues heures en cas d’alerte, comment se précipiter dans la première maison sur le chemin de l’école lors d’alarme et aussi les bombes non éclatées qu’il faut désamorcer.

L’ambiance dans ce 3ème Reich est délétère : obligations et aussi culte d’Hitler pour certains qui ont retrouvé du travail, grande précarité en général, participations à plein d’activités, ramasser, fabriquer pour le front, couvre-feu, inquiétude avec alarme possible jour et nuit, recherche des disparus…

En 1944, l’arrivée des troupes françaises contribue à semer la peur, la crainte du viol de la part des soldats marocains…

On assiste au déboisement intensif effectué par les français.

Enfin, la guerre va provoquer l’afflux de réfugiés.

Des millions de citoyens allemands de l’Est, de Poméranie et de Prusse (7 millions d’abords, puis 12 millions) fuyant l’occupation russe, ou obligés de choisir à la fin de la guerre, lors de l’annexion à la Pologne, entre rester et devenir polonais ou tout quitter.

Les habitants des autres zones occupées, américaines, anglaises et françaises ont alors l’obligation d’accueillir dans chaque maison ou appartement les réfugiés selon la place disponible.

Ainsi chez Héla, la maison pour une famille de 4 personnes doit être partagée : le rez-de-chaussée pour la famille des réfugiés, l’étage pour sa famille.

L’après-guerre Le Plan MARSHALL va permettre une amélioration alimentaire pour les enfants, la découverte de nouvelles céréales (le maïs), il aidera à relever le pays effondré et détruit.

Les troupes américaines donnent aux enfants du chocolat, des bonbons, des chewing-gum !!! C’est la découverte de produits inconnus…

En 1949 il y aura le changement de monnaie : suppression du Reichsmark et passage au Deutschmark, avec une dévaluation à 2 chiffres !

Pour débuter 40 DM furent alloués à chaque personne.

Héla présente ensuite brièvement son arrivée à Belley et sa vie très internationale.

Exposé très riche venant bousculer une image du peuple allemand des campagnes : méconnaissance totale des horreurs nazies, de l’antisémitisme, des camps de concentration, y compris celui de HALACH en Forêt Noire pourtant… de l’enrôlement de force des adolescents en 44 etc.

Les souvenirs de guerre sont émouvants et surprenants car l’horreur de la guerre a été aussi cruelle pour une part importante de beaucoup d’allemands puis l'importance de l’emprise russe avec en plus la création de la RDA et du rideau de fer.


Hela Pernollet, JC Creupeland, G Bruns. 

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